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Pourquoi les auditeurs qui laissent des messages sur la boite vocale de Daniel Mermet (Là-bas si j'y suis) se sentent-ils obligés d'imiter sa manière de parler?

(25 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Quelque part entre l'ennui de la pornographie médiatico-politique et la pornographie de l'ennui artistico-culturel.

(25 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Faire une collection d’émotions, comme on fait une collection de feuilles mortes.

(24 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Quand j’ai commencé à m’intéresser de près aux choses que j’aimais, j’ai été déçu, et m'en suis finalement éloigné.
Pour continuer à apprécier les choses pour ce qu’elles sont, il ne faut pas chercher à trop bien les comprendre.

(24 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Nostalgie = temps X objets

(24 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Les personnes âgées ont un jeté particulier.
Comme si elles ne voulaient pas garder les choses dans leurs mains.
Une forme de désinvolture.

(24 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Je me souviens du goût du gros cornichon au milieu des hamburgers, enveloppés dans leur fine peau de papier plastifié. Et lorsqu’on repartait, j’aimais regarder par le pare-brise arrière, le grand M trônant tout en haut de son mât métallique, émergeant des néons de la zone industrielle.
Je me sentais alors, pour un court instant, un enfant “normal” des années 80.

(19 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Des propos suffisamment nuancés pour être soulignés, en ces temps asphyxiants d'hallali permanent (de tous bords) :

Extrait du Journal de 13h, diffusée sur France inter le 18.04.2013 à 13h00.

(Site de l'émission)

Cet autre petit extrait s'impose de nouveau :

Extrait de l'émission Service public, diffusée sur France inter le 07.03.2013 à 10h.

(Ecouter l'émission)

Par Guillaume Erner.

La mise en perspective de ces deux propos est intéressante.

Quand est-ce qu'enfin, on passe à autre chose?
Quand est-ce qu'on commence à se poser des questions intéressantes?

J'ai bien peur de ne jamais pouvoir vivre ça.

(19 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Extrait de l'émission La grande table, diffusée sur France inter le 12.04.2013 à 12h55.

(Ecouter l'émission)

Par Caroline Broué.

(Archive de Paul Chemetov dans A voix nue du 27 mai 1997.)

(18 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Durant le retour Rome - Paris / 24 mars 2013 / Autostrade A1 (Area di servizio Montepulciano Ovest).

Je sors de la voiture et vois ce pont autoroutier Autogrill.

Me revient immédiatement en tête cette carte postale avec une photo de la même architecture prise en 1967, que m'avait envoyée D.
Trônait alors à son sommet l'enseigne Pavesi.

Nous nous étions souvent projetés, D. et moi, dans la situation où nous mangerions un morceau dans ce “Diner” enjambant l’autoroute, fantasmant le moment, l’endroit et les sentiments qui lui auraient été associés.

C’est d’ailleurs ce type de situation que nous avons tenté de recréer, ou plutôt de convoquer, dans beaucoup de nos projets d’architecture, pensés seuls, ou en équipe (cf. projet Christina / Europan 10) pendant et après nos études.

Je me pose la question suivante :

Comment est-on passé d'une écriture subtile, véhiculant l'envie de raconter le progrès, le fantasme (en somme : de l’Architecture!), et dans ce cas précis, le sentiment de l'autoroute et de la vitesse, à l’amas informe de "services" et d’options qu’est devenu cet endroit?

Comment et pourquoi ces "services / options" emboîtés les uns dans les autres, pensés à court terme, ont pu araser toute histoire possible, toute qualité spatiale, formelle, paysagère et affective (on voit bien que la forme, si importante et déterminante dans le projet initial a été “camouflée” au gré des couches successives de réhabilitations et de mises aux normes).

Comment est-ce possible enfin que nous puissions accepter la mort qualitative d’un lieu au profit du “bien-être” standardisé et médiocre d’un endroit?

Les photos d’époques de ce lieu sont la preuve éclatante qu'une autoroute et son équipement ne "défigurent" pas systématiquement un prétendu "paysage naturel", bien au contraire.

Ces questions ne sont pas de l’ordre du goût.
L’architecture n’est pas (qu’)une question de résolution de problèmes.

L’architecture est un projet littéraire.

Tout est question d'attitude.

Architecte : Angelo Bianchetti / 1967.
(Source images anciennes)

(10 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Tentative d'encerclement de la ville d'R : Edition limitée à 31 exemplaires.

Contenu :

* Sac de Noeuds (58 pages / 20x25 cm).
* Rome? (48 pages / 20x25 cm).
* Tentative d'encerclement de la ville d'R (cd audio).
* Au bord des larmes (cd audio).
* Roma Infra-Ordinario (cd audio).
* Cartolina da Roma (cd audio).
* Il Monumento Continuo (cd audio).

(09 avril 2013 / Couvent des Récollets, Paris)

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Mercredi 20 mars 2013, 12h32, dernière mise à jour avant de plier l'ordinateur.
Atelier 8bis, pavillon San Gaetano, Villa Médicis, Rome.

La prochaine fois que j'écris, je suis de l'autre côté du tunnel.

Un an ici, passé comme une semaine.

De ma fenêtre je vois les toits verts de mousse, Saint-Pierre de Rome, la Machine à écrire de Victor Emmanuel ; tout au fond, la structure métallique du gazomètre, Saint-Pierre et Saint-Paul et le Palazzo della Civiltà Italiana en plissant un peu les yeux.

Le drapeau italien flotte sur le toit du Quirinale.

En face, le Janicule sur lequel j'ai vu pour la dernière fois la fumée du canon apparaître à midi, suivi du son, arrivant à mes oreilles quelques secondes après.

Les sirènes des voitures des Carabinieri et des ambulances.
Et les cloches, vous entendez les cloches?

Les pneus des scooters bruissent sur le goudron de la Via della Trinità dei Monti.

Il est déjà 12h43.

Les perruches ne s'arrêtent pas de piailler dans le jardin et j'entends qu'on fait le ménage dans la maison de Katinka qui est partie dimanche.

C'est un peu con de raconter tout ça maintenant.
Comme si tout devenait urgent quand la fin arrivait.

De l'autre côté du tunnel, qu'est-ce qu'il y a?

(These times de Swervedriver, dans les oreilles pour couronner ce moment.)

(20 mars 2013 / Villa Medici)

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(16 mars 2013 / Villa Medici)

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12 03 1983 / 12 03 2013.
Où est passé tout ce temps?

Peut-être dans les reflets de ces vitres.


(23 rue du prieuré de l'Encloître, 37100 Tours, 1985)


(Appartement n°23, Villa Medici, 00187 Roma, 2013)

(12 mars 2013 / Villa Medici)

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Extrait de l'émission Service public, diffusée sur France inter le 07.03.2013 à 10h.

(Ecouter l'émission)

Par Guillaume Erner.

(07 mars 2013 / Villa Medici)

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Ce qui est reconnu aujourd'hui c'est la persévérance, pas le talent.
N'importe qui peut être persévérant d'une manière ou d'une autre.

(5 mars 2013 / Villa Medici)

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L’hétérogène est une liberté que se permet l’enfant avec ses jouets. Rien ne le gêne dans le fait de mettre un Playmobil dans un modèle réduit de Ferrari. Rien ne l’empêche de jouer avec des mixtes impurs.

Une pensée de bric et de broc est une nécessité indispensable.

La pureté est une invention d’adultes.

(Le 23 juin 2012 // 5 mars 2013 / Villa Medici)

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Pourquoi les gens qui "dansent" dans les soirées reproduisent-ils par mimétisme pur cette même "bouche en avant"?

Serait-ce une manière de se protéger (un peu) d'une forme de dévalorisation symbolique du corps dans ce moment de sacrifice rituel, l'offrande de sang étant remplacée par l'offrande d'un peu de dignité?

Attitude très étrange qu'on accepte, ou pas.

Consentir et / ou se sentir con?

(3 mars 2013 / Villa Medici)

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Ces touristes étranges qui préfèrent le trottoir exposé au cagnard.

(Le 16 juin 2012 // 2 mars 2013 / Villa Medici)

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La vitalité serait-elle de moins en moins en ville (villes sans voitures / villes tramways / villes poussettes / villes Nuits blanches / villes sympas / villes brunchs / villes capitales de la Culture / villes vertes...)?

(2 mars 2013 / Villa Medici)

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Miracle!

(1er mars 2013 / Villa Medici)

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[...] des uns dans les autres. [...]

(26 février 2013 / Villa Medici)

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(Sören Kierkegaard, Le Journal du séducteur, Collection Folio essais, Gallimard, p.19. / Machine à écrire sur page de livre arrachée / 2004 // 26 février 2013 / Villa Medici)

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(Machine à écrire sur papier millimétré / 2010 // Modification : 26 février 2013 / Villa Medici)

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Tentative d'agencement :

(26 février 2013 / Villa Medici)

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Un mois.

(25 février 2013 / Villa Medici)

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A hunting scene

(18 février 2013 / Villa Medici)

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[...] "Il n'y a aucune question de difficulté ni de compréhension : les concepts sont exactement comme des sons, des couleurs ou des images, ce sont des intensités qui vous conviennent ou non, qui passent ou ne passent pas" [...]

(Extrait de : Dialogues, Gilles Deleuze, Claire Parnet, Champs essais, 1996, p. 10.)

(14 février 2013 / Tours)

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Extrait de l'émission Sur les docks, diffusée sur France culture le 05.09.2011 à 17h.

(Ecouter l'émission)

Un documentaire de Johanna Bedeau et Stéphane Breton.

Production: Johanna Bedeau

Technique : Pierre Common
Réalisation : Vanessa Nadjar

(27 janvier 2013 / Villa Medici)

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Extrait de l'émission Une vie, une œuvre, diffusée sur France culture le 23.06.2012 à 16h.

(Ecouter l'émission)

Par Matthieu Garrigou-Lagrange
Réalisation : Nathalie Battus

Avec :
-Bernhilde Boie, exécutrice testamentaire de Julien Gracq, éditrice de ses œuvres dans la Pléiade
-Dominique Rabourdin, critique de cinéma et ancien ami de Gracq
-Dominique Perrin, auteur de De Louis Poirier à Julien Gracq, Classiques Garnier
-Hubert Haddad, écrivain, auteur de Julien Gracq, la forme d’une vie, Zulma
-Jean-Louis Ezine, chroniqueur et écrivain)

(27 janvier 2013 / Villa Medici)

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[...] "Il y a à Rome, de la voie publique et du domicile privé à l'église, un passage sans rupture clairement marquée, que le flot laïcisé des touristes vient, certes, souligner, mais qui lui préexiste. Comme si vivaient ici côte à côte, façonnés l'un par l'autre depuis des siècles, un clergé plus mondain qu'ailleurs et une population moins laïque qu'ailleurs. La vie s'offre partout au long des rues, de la façon la plus théâtrale, sous ses deux plans, religieux et profane, mais ces deux plans font bon et vieux ménage, et le contraste entre eux se dépouille de tout caractère dramatique, comme si maint passage familier, de l'un à l'autre, restait en permanence entr'ouvert."

(Extrait de : Autour des sept collines, Julien Gracq, José Corti, 1988, p. 104.)

(26 janvier 2013 / Villa Medici)

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Il n'y a que des attitudes.
Le reste est accessoire et utilitaire.

(19 janvier 2013 / Grenoble)

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Les piles de sous-tasses à café qu'on déplace ; leur entrechoquement creux et confiné ; les voix qui fusent en italien et la monnaie qu'on jette sur le comptoir ; une radio ou une télé nasale, soutenant tout ça.

C'est l'un des ensembles de sons qui me manquera le plus, je crois.

Il y a dans cet agencement particulier une forme de vérité sensuelle.
Un peu comme si l'on me laissait entrevoir furtivement un morceau de l'intimité de cette ville.

(11 janvier 2013 / Villa Medici)

. . . . . . . . . . . .

Extrait de mail écrit à un ami :

[…]
Mes projets avancent, mais se perdent de plus en plus dans les circonvolutions de la recherche sans but concret.
Je suis heureux de faire tout ce que je fais, mais il va bien falloir atterrir (début avril) et retrouver la "vraie" vie.
Ça risque d'être un peu difficile...

Je me rapproche et je m'éloigne de mon sujet.
"Le son et la ville" est plutôt devenu "le son comme manière d'être".
C'est plus large, mais ça englobe tellement de choses que parfois, je me sens un peu au milieu d'un océan très beau, mais très grand.
Je fais de la musique aussi.
Je me pose la question de la valeur de ce que je produis.
Il y a beaucoup de perte et peu de choses menées à leur terme.
Parfois le moral est haut et je me dis que ça fonctionne ; parfois il est bas et plus rien n'a de sens.
[…]
J'ai toujours l'envie profonde de travailler à une forme de contemplation étonnée et joyeuse du monde, ce qui colle plutôt bien à mon sujet.
Certains doivent penser que je n'ai pas un brin de méthode, ni d'esprit scientifique dans ma manière de profiter de cette année ; mais après tout, je m'en fiche un peu.
Je ne suis pas ici pour être "utile", alors je préfère rêver à fond, plutôt que d'être efficace à moitié.

Je viens d'assumer ces derniers temps le fait que mon travail n'a de sens que parce qu'il existe, et rien d'autre.
Ce type de travail a pour but le travail, et non une prétendue utilité finale.
Je suis bien ici pour ça, finalement.
[…]

(09 janvier 2013 / Villa Medici)

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Une chanson hivernale (à écouter assis inconfortablement par terre, dans sa chambre d'adolescent, les yeux dans le vague, un samedi après-midi de préférence pluvieux et froid, en observant par moments les détails de la moquette et de la tapisserie, dans l'attente du soir et des réverbères qui s'allumeront bientôt) pour commencer cette année (plus que 3 mois ici...).

(02 janvier 2013 / Villa Medici)

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Peut-être qu'il m'aura fallu tout ce temps pour me charger de désir pour cette ville, pour la comprendre et me sentir un peu romain, à défaut d'être italien?

Ce matin je me suis dit que je "ferai" le Via del Corso, comme disent les touristes quand il "font" le Vatican ou qu'ils "font" le Colisée.
Je me suis donc "fait" cette longue rue depuis la Piazza del Popolo jusqu'à à la Piazza Venezia, en m'arrêtant à presque tous les croisements de rues.
Règle stupide, mais une règle ne l’est-elle pas toujours au moins un peu?
Je me suis donc arrêté à tous ces croisements pour en capturer le son pendant environ trois minutes à chaque fois.

La réaction des passants face à un micro est décidément plus que troublante.
Certains ne comprennent pas et regardent l’enregistreur avec des yeux suspicieux.
D’autres comprennent encore moins et tentent de “voir” ce qui m’intéresse. Ils regardent alors dans la direction où pointe mon micro. Ils sont en général déçus, puisqu’ils ne trouvent rien.

Mais le plus étonnant est le rire moqueur et inquiet à la fois que provoque le fait d’enregistrer du son.

Je suis effaré par le manque d’originalité des réactions stéréotypées, et en particulier celles des jeunes gens (entre 15 et 25 ans).
Tous ont ce curieux regard vague, faussement étonné et moqueur, défiant avant de comprendre de quoi il s’agit.
Quelque chose qui semble vouloir dire aux autres (parce que ces réactions sont des réactions de groupes) : “Regarde ce que j’ai vu et que je ne comprends pas, et vois surtout comme je te montre que je ne comprends pas, et que par conséquent je joue l’incompréhension pour que tu ne comprennes pas en ma compagnie en montrant au monde que nous ne voulons surtout pas comprendre”.
Des regards de vaches, en particulier chez les filles de cet âge, faussement minces, déjà grasses, pourtant moulées dans leurs leggings prêts à craquer.
Les garçons sont plus dans la retenue, ou au contraire viennent volontairement faire les imbéciles “l’air de rien” devant le micro.
Les vieux sont plus spontanés, moins corrompus dans leurs réactions, et posent plus souvent les questions : “Qu’est-ce que c’est? A quoi ça sert?”.

C’est tout de même très étonnant cette réaction devant un moyen de capture du réel alors même que Rome représente LA ville de la prise de vue conventionnelle (comportant son lot de conformisme maximum).

Parfois je perds confiance et je me dis que tout ça ne sert à rien.
Mais rien que la confrontation à ces réactions imbéciles me fait retrouver le sens profond de ce qui m’a mené ici : faire ce qu’on n’attend pas de moi, continuer à me définir en tant qu’individu, me servir du son pour réfléchir, voir, observer et comprendre.
Ne pas me contenter d’un réel clef en main, trop souvent accepté et pour lequel la servitude est généralement bien volontaire.

(13 décembre 2012 / Villa Medici)

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Je n’ai pas entendu le saxophone de Cristiano depuis un moment. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé.
Sa ritournelle à la Twin Peaks fait instantanément se transformer les rues de Rome en Loge Noire.
Je m’attends alors à trouver le corps sans vie de Laura Palmer “wrapped in plastic” sur les rives du Tibre tout proche.
Je suis pour quelques instants Dale Cooper muni de mon petit enregistreur portable.

Il me faudra bientôt une “damn' good cup of coffee”.

(13 décembre 2012 / Villa Medici)

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(06 décembre 2012 / Villa Medici)

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(Extrait de Madmen, Saison 1, épisode 13, 2007, Matthew Weiner)

(06 décembre 2012 / Villa Medici)

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Tentative de juxtaposition :

1) :

(Alison, extrait de Souvlaki, Slowdive, 1993, Creation Records)

+
2) :

[...] "Pour beaucoup de personnes, la portée de cette musique [ la Shoegaze ] était loin d’être évidente, et n’étant pas assez directe, elle pris l’aspect d’une musique bien vite morne, lisse et d’une platitude confondante.
[...] Sous prétexte de ne pas saisir la subtilité d’un détachement émotif ou revendicatif, et encore moins les paroles des chansons, les gens devinrent catégoriques dans leur jugement et nièrent jusqu’au fait que ce type de voix, soufflées et gracieuses pouvaient aussi être un choix.
[...] Il est vrai que cette musique peut paraître frustrante, elle ne se veut pourtant que le témoignage d'un grand bouillonnement intense, bloqué par une modestie qui fait barrage.
[...] une musique autiste, inapte à s'engager, mielleuse, comme noyée sous ses propres effets." [...]

(Source)

+
3) :

(Source)

+
4) :

[...] "Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C'est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l'oiseau et que l'animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden - mais où est maintenant la forêt où l'être humain puisse prouver qu'il est possible de vivre en liberté en dehors des normes figées de la société?
Je suis obligé de répondre : nulle part.
Si je veux vivre libre, il faut pour l'instant que je le fasse à l'intérieur de ces formes.
Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n'ai rien à opposer que moi-même - mais, d'un côté, c'est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s'exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n'aurai plus que mon silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant." [...]

(Extrait de : Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Stig Dagerman, Actes Sud, 1981 (titre original suédois : Vårt behov av tröst, 1952), trad. Philippe Bouquet, essai, p. 20-21.)

(02 décembre 2012 / Villa Medici)

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(30 novembre 2012 / Villa Medici)

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Une forme de pensée qui regarde passer les trains, mais qui le fait très sérieusement, comme un travail à part entière.

(29 novembre 2012 / Villa Medici)

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Rouler en voiture, vers 10h30, un samedi matin de novembre en périphérie d'une ville moyenne française, entre zones résidentielles et zones commerciales avec l'album Second Toughest in the Infants de Underworld dans l'autoradio.
Se garer sur un parking vide.
Sentir l'odeur du feu de branchages qui brûle au loin et le vent frais chargé d'humidité.
Regarder les champs qui commencent ici.
Ne pas savoir quoi dire.
Ecouter le son des camions qui passent sur la route nationale toute proche et celui des avions de chasse qui font leurs exercices de vol.
Etre un peu mélancolique, mais heureux tout de même.
Une forme d'aventure sans contenu ; une épaisseur faite d'un vide désuet.

(27 novembre 2012 / Villa Medici)

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(25 novembre 2012 / Villa Medici)

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Tentative de détournement :

(D'après un extrait de Proust et les signes, Gilles Deleuze, Presses Universitaires de France, Paris, 1964. - rééd. 2010, pages 30 - 31.)

(25 novembre 2012 / Villa Medici)

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(24 novembre 2012 / Villa Medici)

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(24 novembre 2012 / Villa Medici)

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Il est très difficile de faire quelque chose sans utiliser un “truc”, une posture immédiatement identifiable et repérable ; pré-comprise, en somme (un gimmick monosémique associé tout de suite au paysage autocentré de l’adulée Création Contemporaine).

C’est la difficulté de ce que j’entreprends cette année.

(Panneau d'affichage vide, aéroport de Palerme / 15 octobre 2012)

(14 novembre 2012 / Villa Medici)

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Rome semble s’être arrêtée à plusieurs moments ; des stoppages successifs et juxtaposés.
C’est une merveilleuse machine à voyager dans le temps, et en particulier dans les années 80-90, comme si tout s’était définitivement arrêté ici au passage de l’année 2000.
Il est possible dans cette ville de faire une archéologie formelle de notre passé proche, ce qui n’est pas pour me déplaire.

(07 novembre 2012 / Villa Medici)

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Les villes françaises sont en grande partie en cours de playmobilisation (formes grossières, rondes, lourdes, surdimensionnées, sur-sécurisées, signifiantes, monosémiques, volontaristes).

Rome (l’Italie ?) propose encore beaucoup de vestiges formels de ces années 80-90 (mobilier urbain, menuiseries, signalisation / état d’esprit ?...) qui sont, à côté de nos villes-playmobiles françaises, d’une extraordinaire finesse.
Il y a encore ici, quand on s’écarte du centre historique, de la place pour l’hétérogénéité, l’altérité des matériaux, des formes et des fonctions.

C’est un joyeux bordel qui semble ne pas pouvoir (vouloir ?) se ranger.

Pourvu que les bobos d’ici ne dénaturent pas tout ce laisser-aller heureux sous prétexte d’un “mieux-vivre” et de leur fameuse “restitution” de la rue aux piétons!

J’en doute.

(07 novembre 2012 / Villa Medici)

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Il n’y a pas de hasard. Ce qui me plaît dans le son, c’est d’être aux aguets.
Comme quand je devais attendre de longues minutes en forêt, enfant, lors de chasses avec mon père.
A l’époque, ça ne me plaisait pas.
Peut-être que le son et sa “traque” sont une sorte de mémoire formelle et affective de ces moments?
Peut-être également des moment de vide et de rien de mon enfance, quand je traînais dans la rue, à faire du skateboard ou à sillonner les trottoirs de mon quartier?
Une mémoire formelle du rien.

(Firefly / Samadhi Production / samadhiproduction.cz / jamcopters.cz)

(23 octobre 2012 / Villa Medici)

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[...] tout y est très beau et impressionnant mais rien ne concerne la vie.
Une barrière de bois fermant un champ dans le nord-Cotentin me donnerait une bien plus grande émotion que le David du Bernin.

(08 septembre 2012 / Villa Medici)

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Il y a une forme de pseudo-hédonisme dû à la chaleur d’ici.
Ce type de relâchement contemporain qu’il faut vivre imbécilement et de manière animale ou qu’il ne faut pas vivre du tout.

(30 août 2012 / Villa Medici)

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Prendre garde à l’irrespect qui entame le mystère!

(23 août 2012 / Villa Medici)

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Il me semble que la manière d’être italienne est plutôt dans la juxtaposition des plans, en opposition à une manière d’être française qui serait plus dans le fondu enchaîné (? / Cf. La cuisine, la campagne, le péri-urbain, le découpage de la rue, les espaces publics / privés...).

(20 août 2012 / Villa Medici)

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6h25.
Les rues sont, à cette heure-là, presque vides et l'air y est encore frais.
Il est possible de s'y promener sans trop d'interférences, et j'imagine que l'on peut en saisir quelques lucidités sensibles.
Déjà, vers 9h30, on voit des touristes à lunettes qui viennent de tomber de leurs lits, suants, et encore gras de tous les repas de la veille.
Dans quelques dizaines de minutes, la ville sera souillée jusqu'à demain matin.

(14 août 2012 / Villa Medici)

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Pour avoir une épaisseur sensuelle, les choses doivent inévitablement avoir une épaisseur physique. On ne peut pas en faire l’économie. Une chose ne peut pas se réduire à sa simple signification.

(05 août 2012 / Villa Medici)

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Vivre dans ce quartier,
être dans ce temps.
A jamais, perdre ces moments,
et les jeans usés sur les trottoirs arpentés.
Nous sommes la mémoire de ce passé.
Pourquoi ne pas être mort à cette époque
plutôt que de l'avoir vue disparaître?
Nous aurions pu devenir
des cendres éparpillées sur les routes,
les chemins, les bois et les plaines
baignées de soleil et de l’odeurs des arbres,
dans des samedis matin heureux.
J'aurais voulu rester.
Je suis devenu sons, odeurs et temps.
Résidus inutiles, sinon à se complaire
dans la mélancolie.
Le monde de maintenant
ne vous appartient plus.
Il est à nous, suburbains érotiques,
des années 80.

(Photo trouvée sur Piccsy.com / Référence non trouvée)

(03 août 2012 / Villa Medici)

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(03 juillet 2012 / Villa Medici)

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Un certain Mario Balotelli a permis à son équipe de se qualifier pour la finale de l’Euro 2012 hier soir.
Scènes de liesse stupides dans les rues, pendant des heures cette nuit.
Ce même homme, ayant la peau noire a reçu souvent des peaux de bananes pendant des match.
Hier soir et aujourd’hui, c’est un “héros”.
Comment ce retournement est-il possible?
Ces mêmes personnes qui sont capables de haïr un homme au point de vouloir l’humilier parce qu’il est noir, et de le considérer comme un sauveur qu’on célèbre le lendemain, ont le droit de vote.
Pas étonnant que la démocratie ne soit qu’une belle idée surannée.
Quel triste monde.

(29 juin 2012 / Villa Medici)

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La désuétude comme manière d'être au monde.

(21 juin 2012 / Villa Medici)

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Je ne pensais pas qu’une ville et la culture qui la met en mouvement puissent être aussi hermétiques que Rome.
Evidemment, les apparences montrent tout le contraire!
Comment une ville si suintante de tourisme pourrait ne pas être “agréable”?
Elle ne l’est pas, en effet, “agréable”, et à cause même de ce flot permanent de bêtise, de vulgarité et de mollesse empâtée.
En tout cas pas pour moi.
Je ne parviens pas à vivre cette ville.
D’ailleurs, on dirait que personne n’y vit vraiment.

(29 mai 2012 / Villa Medici)

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C’est souvent dans des moments d’ennui que j’ai écouté le “mieux” mes disques préférés.
J’écris ces lignes en écoutant le titre Rhubarb de Aphex Twin.
Ceci explique peut-être cela.

(06 mai 2012 / Villa Medici)

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La fréquentation de certaines personnes à la maison de la radio en 2010 m’avait donné cette impression d'intérêt pour tout, d’ouverture d’esprit et de nécessité de travailler intensément à sa construction personnelle. C’est peut-être ce qui m’attire dans ce travail au-delà du média en lui même, que j’aime beaucoup affectivement.

(05 mai 2012 / Villa Medici)

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Est-ce que je sonne juste? Est-ce que les gens que je côtoie sonnent juste? Est-ce que tel ou tel projet sonne juste? Est ce que ma pensée sonne juste?

(28 avril 2012 / Villa Medici)

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Finalement, je vais faire ici ce que j’ai toujours fait, mais en mieux ; en plus abouti.

“Des pattes de velours dans une gigantesque salle de bain.” Comme si Rome matait le son tout en le réverbérant dans tous les sens. Les sons surgissent et s’évanouissent dans les plis de la ville. Plus que dans les villes que je connais, en tout cas.

(26 avril 2012 / Villa Medici)

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[...] D’ailleurs, en parlant de ça (de faire en lâchant prise), j’ai eu envie un jour d’écrire un truc sur les blogs Tumblr qui sont, d’après ce que j’ai pu en voir, une forme particulière de blogging actuel.
Les Tumblr dont je parle (Piccsy.com semble prendre aussi la même voie) sont constitués d’ensembles de photos, souvent très belles, souvent mélancoliques et nostalgiques, et semblent vouloir cerner une conception “esthétisante” du paysage, de l’ancien, de l’archive, de l’érotisme et d’une forme de fragilité.
La présence forte d’éléments “péri-urbains” dans ces collections de clichés (trottoirs, réverbères, maisons de type “pavillons”, couchers de soleil sur les champs au loin, pylônes électriques, routes “départementales”...) me semble aussi révélatrice d’une catégorie de personnes qui a grandi hors du centre des villes, mais dans ses alentours proches.
Je remarque également que les objets de préoccupation des “Feeders” de ces Tumblr me permettent de les situer comme étant en général des trentenaires ; des personnes nées dans les années 80, donc.
Il y aurait certainement une analyse de ces blogs à mener en se référant au travail de Rem Koolhaas, dans ce qu’il a pu écrire et produire dans les années 1990-2000 (Junkspace, par exemple). Ce qui serait intéressant proviendrait du décalage avec la période à laquelle ces travaux ont été faits. Une forme de mise à l’épreuve de ces analyses du pathos-formel urbain contemporain.
Ce qui me parait fascinant, c’est le caractère totalement inutile et sans fin de ces blogs.
Ils sont constitués de milliers de photos très belles, glanées sur internet, mais qui ne produisent rien. Rien, à part l’ensemble qu’elles constituent. Rien, à part l’émotion collective des enfants du “péri-urbains” appartenant à la classe moyenne mondialisée des années 80.
C’est à ce moment là que je me dis : Ce n’est donc pas rien!
Pourquoi est-ce que je suis si touché par le visionnage de ces blogs?
Parce que j’en connais le langage, les connivences et les codes. Parce que je suis moi même issu de ces origines.
En les regardant, je me soûle aux images, aux “émotions” en puzzle ; une sorte de shoot mélancolique façon sehnsucht fragmentaire.

[...]
"But the everyday just can't compete
With the beauty of a polaroid
Where the fairytale endures complete
And her eyes are always full of joy
Like a frozen glimpse of butterflies
On a colourized celluloid sky
She waves her cheerful last goodbye
And she begs for me to let passed things slide"
[...]

(extrait de The Aftermath, Zitilites, Kashmir, 2003, Sony)

(25 avril 2012 / Villa Medici)

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Le “vraisemblable” pourrait m’être d’un grand secours! [...]
Pour une fois, je ne pourrai pas me contenter de ressortir mes vieilles recettes d’imposteur malin.

(20 avril 2012 / Villa Medici)

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Je me demandais hier soir si mes intuitions architecturales de l’enfance étaient moins valides que celles que j’ai eues après mes études d’architectures. Certainement pas. Il faut creuser de ce côté pour se rapprocher de la précision. Une sorte d'affûtage subtil pour analyser le choc entre sentiments, émotions et déformation culturelle (et presque “cultuelle”, ai-je envie de dire).

(14 avril 2012 / Villa Medici)

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Dans un monde où la technique et la spécialisation ont remplacé les capacités d’être au monde et de vivre, dans une époque où l’opinion prime sur le positionnement intellectuel argumenté, à l’heure de la veulerie et de la “gueule”, du mépris de l’autre et de sa mise à mort sans sommation, au sens propre, comme au figuré, je suis heureux de passer du temps dans cet endroit.

(13 avril 2012 / Villa Medici)

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Peut-être que je me rends compte que ni l’architecture, ni le son ne m’intéressent vraiment “en tant que tels”, mais que je suis bien attiré par un exercice littéraire d'extorsion d’affects lucides dans le morceau de temps que je traverse au sein de ce monde.

(12 avril 2012 / Villa Medici)

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C'est par le travail artisanal des idées et des émotions que, péniblement, on en arrive à l'intuition.

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Quelle posture permet au mieux les avancées les plus fondamentales de l'esprit, sinon celle de l'imposture?
Faire sérieusement semblant de faire quelque chose, c'est déjà faire sérieusement la chose en question.

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Je préfère de loin les hyper-conformistes déviants aux anti-conformistes normés.

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Emulsion

La radio, c’est une histoire d’esthétique de la déglutition, tout comme le verre d’un cadre, donne de l’intérêt à l’oeuvre qui y est glissée (oeuvre qui peut être terne à la base), ne serait-ce que par le jeu des reflets.

Le son de la déglutition à la radio devient un liant au sens du propos et à l’importance que l’auditeur lui accorde. Phénomène d’autant plus fort si le propos est intéressant à la base.

La forme est une question de détails insignifiants en apparence.

La forme, c’est une question de subtilités dissimulées, réservées à ceux qui font l’effort de les voir.

La forme, c’est un phénomène qui “auto-amplifie” son propre sens.

Modernité = Larsen.

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En tout et pour tout :
Émotion ; idée ; raisonnement.

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Radio

Souvent pédante et creuse,
parfois sensuelle et humble,
elle grince comme un vieux siège en cuir.
Lassante ou tenant en éveil,
comme la bande-son de ma vie super 8,
La voix dans la radio
est une texture nostalgique
en retard sur le temps qu’elle écrit.
La voix dans la radio
C’est le contenu et le contenant
du monde à travers moi.

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Le critique de cinéma et / ou de théâtre aujourd’hui :
Un croisement douteux entre le pire pédantisme de France culture et l’essoufflement d’un journaliste sportif de TF1.

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Il y a beaucoup à faire avec la désuétude parce qu’elle est sur le fil du rasoir de nos émotions les plus fortes.

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La texture du son des chansons des années 80, c’est un peu comme le goût du céleri rémoulade.

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Si j’étais architecte, je voudrais pouvoir faire exclusivement de l’architecture «de nuit» ou de l’architecture «des toits» : Créer des bâtiments qui n’existeraient pas le jour ou qui serviraient exclusivement à regarder le ville d’en haut.
Mais en l’étant devenu, j’ai vérifié que ce n’est pas possible.

Ce métier ne fait pas rêver.

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Termes technico – gentryfiés :

« Un univers »
« Être sur quelque chose (un sujet) »
« Les éléments »
« Arbitrer »
« Stabiliser »
« Accompagner »
« Partenaires »
« Échéances »
« Validation »
« Entériner »
« Étapes »
« Contenu »
« Temps de »
« Projet »

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« (…) une approche perso et sympa. (…) des petits plaisirs simples. (…) »…
Toutes ces petites choses qui créent le mal absolu sans qu’on n’y prenne garde !

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Les coups d'épée dans l'eau, ça vaut bien un footing.

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La pornographie aujourd'hui, c'est les panneaux photovoltaïques dans les zones pavillonnaires, pas youporn.com.

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Si je déverse ma bile, c'est d'abord parce que je m'en fais.

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La plus profonde faiblesse des personnes capables de se remettre en cause : leur capacité à douter d'eux, même s'ils ont raison.

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Nantes suinte la gentryfication par tous ses orifices.
Heureusement, le pourrissement et la putréfaction ne sont plus très loin.

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L'humour DOIT être lamentable et suicidaire.

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Apple, c’est l’urbain.
Windows, c’est le périurbain.
On aime le premier parce qu’il est la référence culturelle idéale.
Le second est l’espace de liberté dans lequel on se reconnaît et qui parle à notre affect.
Utiliser Windows, c’est aller faire ses courses chez Auchan le samedi matin.

Utiliser Mac, c’est aller boire un café latte au Starbucks.
On aime les deux pour des raisons différentes.
Windows, c’est un peu la maison des parents. On est content d’y retourner. L’odeur y est familière et réveille de vieilles émotions agréables.
Mac, c’est le logement contemporain représentant ce que l’on veut montrer de nous.

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C’est trop super, c’est dimanche, il est 11h15, on est à Paris.
Alors on va tous prendre un «brunch» parce que c’est vraiment trop super.

C’est trop super, c’est dimanche, il est 11h15, on est à Nantes.
Alors on va tous prendre un Muscadet avec des huitres parce que c’est vraiment trop super.

Tout ce qui, de près ou de loin, est fédérateur devient haïssable.

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La Démocratie demande une certaine grandeur.
La grandeur demande de la volonté et des efforts.
La majorité aime “faire tourner les serviettes”.
La Démocratie est une utopie.

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Il y a les gens qui ne finissent jamais leur assiette.
Il y a les gens qui tiennent leur fourchette comme une truelle.

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Ne soyez pas “créatifs”.
Ne soyez pas “vous mêmes”.
Ne soyez pas “décomplexés”.
N’écoutez pas “vos envies”.
Ne soyez pas “transgressifs”.

Contentez vous d’être,
vous aurez l’air moins bêtes.

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La mélodie c’est la forme.
La mélodie c’est le style.
La mélodie, c’est la manière.
Sans la mélodie, tout est sec.
La mélodie, c’est ce qui rend la vie plus belle que la musique.
La forme n’a pas de sens, seule.
La vie n’a pas de sens sans la forme.
La forme c’est la manière.
La manière c’est la fin, le moyen et l’ensemble des deux.
L’ensemble des deux, c’est le miel subtil
qui donne un sens à tout.
Cela ne mène nulle part.
Ce n’est pas très grave.
Après tout, l’autosatisfaction est un bon moyen
de produire quelque chose d’intéressant.

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Même la beauferie se gentryfie!

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Si j’habitais à Nantes et que j’avais un groupe de rock “indépendant”, il faudrait qu’on ait un nom à la con pour avoir du succès.
Un nom du genre «Maximum Neige» ou «Carton Pâte».
Je ne sais pas pourquoi.
C’est une sorte d’esthétique intime du milieu indépendant de l’ouest.
…?

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Enfiler un placenta de problèmes permet de ne pas se confronter à la vie dignement.

Je le sais, je le fais souvent.

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Sympa ne veut rien dire ;
bande de cons.

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Sans My Bloody Valentine,
Mylène Farmer n’existe pas.
C’est une sorte de Musique Shoegaze
“à la française”.

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Tics :

-“typiquement,…”
-“à l’international”
-“rapport à, au”
-“en terme de”
-“de suite” (à la place de “tout de suite”)